NAC

Pourquoi une consultation pour un NAC ?

Les Nouveaux Animaux de Compagnie sont des animaux que l’on retrouve de plus en plus souvent dans nos foyers. Ils sont représentés par de nombreuses espèces : lapins, rongeurs, furets, oiseaux, mais aussi reptiles.

La connaissance des besoins spécifiques de chaque espèce est indispensable à son maintien dans de bonnes conditions de vie et permet de limiter considérablement les risques de voir se développer une maladie.

Les consultations pour les NAC permettent de faire le point sur les conditions de vie et l’alimentation, de donner des conseils pour optimiser leur environnement et, le cas échéant, d’identifier une éventuelle maladie afin de proposer un traitement adapté

Un NAC bien entretenu est un NAC en bonne santé.

En effet, au moins 50% des maladies rencontrées sont liées à un défaut d’entretien, de nourriture ou de maintenance. Ces erreurs qui sont souvent réalisés de bonne foi, « en pensant bien faire », sont à l’origine de pathologie parfois d’évolution discrète mais entraînant mal être sur ces êtres si fragiles.

 

Fiches pratiques du Dr Carole Lichti

La consultation des Nouveaux Animaux de Compagnie est assurée par le Dr. Vét. Carole Lichti.
La consultation peut notamment être réalisée en prévention par exemple suite à l’achat d’une espèce de Nouveaux Animaux de Compagnie ou NAC (lapins, furets, cochons d’inde, chinchillas, rats, oiseaux, tortues, lézards, serpents, …), pour un bilan pré-hibernation des tortues, pour la vaccination des lapins et des furets, mais aussi en référé à la demande d’un confrère ou en second avis.
La consultation des Nouveaux Animaux de Compagnie se fait sur rendez-vous ou en urgence toute la semaine si la situation l´exige.
Notre service ne reçoit pas les espèces suivantes : Primates – Ovins – Caprins – Reptiles venimeux.

Comment protéger son lapin ?
Les vaccins

Chez le lapin il existe deux principaux vaccins :

  • Contre la myxomatose, maladie due à un Poxvirus, transmis par contact entre lapins infectés ou par des insectes piqueurs. Ce virus est très résistant dans le milieu extérieur (2 ans), au froid et à la dessiccation. Les signes cliniques de cette maladie sont variés et les formes atténuées sont fréquentes : hyperthermie avec baisse d’appétit, blépharo-conjonctivite et œdème de la face, du périnée et des organes génitaux. Les lésions typiques sont des nodules circulaires violacés sur la tête et la région urogénitale. L’évolution est soit mortelle soit chronique, avec des signes respiratoires. La primovaccination de fait dès 1 mois pour les animaux à risque ou à partir de 4 mois pour la vaccination définitive.
  • Contre la maladie virale hémorragique VHD, maladie très contagieuse, due à un Calicivirus par contact direct avec un lapin porteur ou malade, ou par des insectes piqueurs, ou par des fourrages ou de la verdure contaminés. L’évolution est très rapide et mortelle, avec hypothermie, saignement de nez et sang dans les crottes. Le vaccin se fait dès l’âge de 4 mois.

N’hésitez pas à en parler à votre vétérinaire.

Nous rappelons que la vaccination est un acte médical qui se fait lors un bilan de santé.

Lutte contre les parasites

Parfois dès l’arrivée du printemps, votre lapin pourra profiter des joies du jardin. Mais attention, il peut dès lors se contaminer. Il est conseillé de protéger votre lapin en le vermifugeant et en utilisant un antiparasitaire externe (lutte contre les puces)

Attention à bien surveiller l’arrière train de votre lapin qui peut être infesté de larves de mouches !

La litière doit être de qualité irréprochable, changée régulièrement et une moustiquaire peut être installée.

Attention à n’utiliser que des produits prescrits par votre vétérinaire, les huiles essentielles peuvent être localement toxiques et entraîner des brûlures cutanées.

L’alimentation

Le lapin est un lagomorphe, ses dents poussent donc en continue tout au long de sa vie. Elles doivent donc pouvoir s’user au même rythme sinon la pousse est anarchique, entraînant des malpositions puis des malocclusions dentaires.

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Pour éviter ces douleurs liées à ses problèmes dentaires, il est important de respecter certaines règles :

  • Le foin est le meilleur atout « prévention », distribué à volonté, pour que le lapin puisse le mastiquer en continu, et ces efforts répétés joueront le rôle d’une meule qui usera correctement les prémolaires et les molaires
  • Eviter aliments industriels, mélanges de graines et pain, qui sont riches et rapidement avalés et ne permettent donc aucunement une usure dentaire
  • Les feuillages verts jouent aussi le rôle de meule car ils sont riches en silice
  • Les légumes et les branchages permettront au lapin d’aiguiser ses incisives.

 

Le foin constitue donc la base de l’alimentation de votre lapin : il évite au lapin de s’ennuyer et favorise la motricité de son tube digestif. D’autre part, chaque jour, on peut donner 4 légumes différents, répartis sur 2 repas : privilégier les feuillages verts (basilic, feuille de radis, roquette, …) et les légumes racines, choux ou bulbes type carotte, brocoli, fenouil, doivent être donnés en quantité limitée.

Les granulés doivent être strictement rationnés, voir absents, et leur composition est de 18% de fibres minimum et de 13-15% de protéines. Le taux de calcium doit être inférieur à 1% afin d’éviter les calculs urinaires.

A PROSCRIRE le pain, les sucreries, le chocolat, les mélanges de graines ou de fruits secs.

La stérilisation

La fertilité du lapin est bien connue. Cependant, même pour un lapin seul, la stérilisation s’avère bien souvent indispensable, pour sa bonne santé à la fois physique et psychique, mais aussi pour faciliter son éducation.

Chez la femelle, le risque de développer une tumeur utérine ou ovarienne est de 80% pour une lapine plus de 5 ans non stérilisée.

Dès lors une ovariohystérectomie peut être réalisée dès l’âge de 6-12 mois, sous anesthésie gazeuse.

Chez le mâle, la stérilisation lui permet surtout de vivre plus sereinement, en sachant que cette chirurgie n’a pas un effet immédiat (4 semaines minimum post opératoires)

Au final, la stérilisation des mâles comme des femelles leur permet d’avoir une vie plus sereine, en diminuant les différentes frustrations liées à ces hormones sexuelles que sont l’absence de congénère (fertilité exacerbée) et un territoire restreint (marquage urinaire). Ces frustrations sont souvent à l’origine d’agressivité envers d’autres animaux ou envers l’humain ou encore envers lui-même (automutilation).

 

Avant la chirurgie de stérilisation, une visite préopératoire sera réalisée par le vétérinaire. Le risque majeur post opératoire est l’anorexie qui peut être prise en charge par la gestion de la douleur dès le réveil et par des mesures de gavage prises immédiatement en postopératoire.

Site référence :

www.margueritecie.org

Comment protéger son reptile ?

Les reptiles – tortues, lézards, serpents et crocodiliens – sont des animaux présents dans les foyers français. Ces animaux ont des besoins spécifiques et une maintenance non adaptée est souvent catastrophique.

Ce sont des animaux à « sang-froid » c’est à dire qu’ils sont hétérothermes et ectothermes. Leur température est variable et dépend donc de la température extérieure. Mais une bonne maîtrise de la température du milieu de vie permet de mettre l’animal dans des conditions de vie optimales.

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Un aquarium, aqua-terrarium ou terrarium adapté est aussi indispensable pour répondre au mieux aux besoins du reptile, faciliter le nettoyage, le nourrissage, la ponte éventuelle et l’hygiène.

Une alimentation adaptée est aussi l’un des piliers de son développement harmonieux. Autant, on ne donnerait pas que des légumes à un chat ou un chien, autant, un reptile ne mange pas autre chose qu’une nourriture adaptée à l’espèce.

Les reptiles présentent aussi des maladies variées (tumeur, fracture, blessure, maladie d’un organe comme les poumons ou le foie, …) et ces maladies peuvent être prises en charge avec des connaissances et du matériel adapté.

Soins d’une tortue suite à une morsure de chien :

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Comment protéger son cochon d’Inde ?

1. Petit mammifère

1.1 Cochon d’inde

1.1.1 Présentation de l’espèce
Le cochon d’Inde ou cobaye commun (Cavia porcellus) est un rongeur de taille moyenne, originaire de la Cordillère des Andes. C’est l’espèce domestique issue du cobaye sauvage appelé Cavia aperea. Avant tout élevé pour sa chair dans ses pays d’origine, puis comme animal de laboratoire, le cobaye a progressivement trouvé sa place comme animal de compagnie.

C’est un rongeur de taille moyenne avec de courtes pattes et un corps massif sans cou visible. Les membres antérieurs ont 4 doigts et les postérieurs ont 3 doigts, ils ont des coussinets sur toutes les pattes et leurs doigts se finissent avec des griffes. Il n’y a pas de queue apparente. La tête se finie par un museau avec des narines entourées de vibrisses ou moustaches de chaque côté et une bouche arrondie. Les yeux, situés latéralement, sont très ronds, légèrement saillants, noirs si le sujet n’est pas albinos (yeux rouges) et sans paupières visibles. Les oreilles sont larges, fines, parfois tombantes, avec de très court et rares poils et présentant une zone de dépilation physiologique en arrière des oreilles.

Il aime vivre en groupe et communique très souvent.

Comme tous les rongeurs ils ont deux paires d’incisives (contrairement au lapin qui a trois paires) qui poussent continuellement. Avec l’Octodon et de Chinchilla qui sont deux autres caviomorphes, ils sont les seuls rongeurs à avoir aussi une pousse continue des molaires comme le lapin (dents de type hypsodonte).
Dès leur naissance, les petits ont les yeux ouverts et diffèrent très peu des adultes, si ce n’est par la taille. Entre 0 et 3 mois, ils sont considérés comme des enfants, entre 3 et 8 mois comme des adolescents, entre 8 mois et 6 ans comme des adultes et entre 6 et 8 ans comme des sénior avec un record de longévité de 15 ans !

Le dimorphisme sexuel est peu apparent chez l’adulte. Leur poids diffère à l’âge adulte avec chez l’animal en bonne santé en moyenne 900 g pour une femelle (entre 750 et 1 100 g) et en moyenne 1 100 g pour un mâle (entre 900 et 1 500 g).

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Il existe plusieurs variétés de cochons d’Inde, classées en plusieurs catégories :
– les Poils Lisses : sans couronne, couronnés anglais (couronne de la même couleur que le reste des poils) ou américains (couronne blanche différente de la couleur du reste des poils), …
– les Poils Longs : le péruvien (recouvert entièrement de longs poils qui partent globalement vers l’avant, avec une rosette sur chaque fesse et une « mèche » sur la tête), le shelty (la tête est dégagée avec un poil court et en arrière les poils forment une traine raide et soyeuse), le coroner (shelty couronné), l’alpaga (péruvien aux poils bouclés), le texel (shelty bouclé), …
– et les Poils Durs : abyssinien (au moins 8 rosettes, harmonieusement et symétriquement réparties sur le corps) ou « rosette », le teddy (souche américaine à poil dur) ou le Rex (souche anglaise à poil dur ou souple).

Parmi ces catégories, il y a plusieurs types de poils (satins) et de couleurs. On trouve même des cochons d’Inde nus, comme le Skinny ou le Balwin.

Le cochon d’inde communique énormément et a besoin d’activités !

Vous êtes décidé, vous voulez un cochon d’inde ! Mais comment choisir votre animal ?
– Privilégier un animal sevré (plus de 6 – 8 semaines)
– Choisir un animal qui ait l’air éveillé avec l’oeil vif et le poil brillant.
– Il ne doit pas avoir les yeux larmoyant ou le nez qui coule ou éternuer ou avoir les oreilles sales ou les flancs creusés ou avoir les fesses souillées par de la diarrhée.

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Il est conseillé de réaliser une consultation juste après l’achat de votre cochon d’inde pour faire un bilan de santé et avoir des conseils sur l’environnement et l’alimentation de votre animal afin de lui garantir une bonne santé le plus longtemps possible ! À cette occasion, une ou plusieurs fiches d’informations pourront être distribuées.

1.1.2 Alimentation
Une alimentation adaptée et de bonne qualité est la base de la bonne santé de votre cochon d’inde. Les erreurs alimentaires conduisent à de l’obésité et à des maladies tel que des troubles du transit, la pousse anormale des dents, des problèmes de peau, …

Le cobaye est un herbivore strict. Dans son environnement il trouve des végétaux à faible valeur nutritionnelle. Il n’est pas fait pour manger des céréales ou des mélanges de graines qui équivalent au fast-food pour nous.

La base de l’alimentation du cochon d’inde est un foin de qualité à plus de 75 %, puis de la verdure (environ 8-10 % du poids du cochon d’inde) et éventuellement des granulés homogènes voire des friandises.

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Une consultation et la fiche distribuée en consultation permettrons de détailler les besoins alimentaires du cochon d’inde et de répondre notamment aux questions suivantes :
– Qu’est-ce que mange un cochon d’inde ? Du foin !
– Et qu’en est-il des fruits et légumes ?
– Un cochon d’inde a-t-il besoin de granulés ?
– Et si je change d’aliment ?
– Est-il nécessaire de complémenter l’alimentation ? Oui en vitamine C !
– Et qu’en est-il des friandises ?
– Combien et comment boit un cochon d’inde ?
– Et que mangent les bébés ?

Plusieurs types de foins, de granulés haut de gamme et de vitamines C (solide ou liquide) ont été sélectionnées pour vous à LorraineVet par le Service NAC, n’hésitez pas à demander conseil.

1.1.3 Lieu de vie
Un ou plusieurs cochons d’indes ?
Le cobaye est un animal grégaire (vit en groupe). Dans la nature, il vit en groupe constitué d’un mâle et de son harem de 4 ou 5 femelles. Dans certains pays comme la Suisse, une loi de 2008 prohibe l’achat de cochons d’Inde s’ils sont destinés à vivre seuls ! Ainsi, même si votre cochon d’inde peut vivre seul, il nécessitera beaucoup d’attention (contacts, câlins, sorties, …) et sera plus heureux avec des congénères. Les femelles s’entendent usuellement bien, mais les mâles peuvent avoir des conflits. Il est conseillé de n’avoir qu’un seul mâle à la fois et dans le cas de deux mâles, de les adopter au même moment du même endroit. Les conflits entre mâles apparaissent généralement vers l’âge de 6 mois et peuvent mener à un stress compétitif (pour la litière, les femelles, l’accès à l’eau ou la nourriture) et des blessures graves.

Quelle cage pour mon/mes cochon(s) d’inde ?
Il faut absolument éviter les cages dont les parois sont en plastique. Celles-ci font un « effet serre » avec une mauvaise aération qui concentre l’odeur d’urine à l’intérieur de la cage. Cela favorise l’irritation des voies respiratoires et l’apparition de maladie respiratoire. Une cage de 1 m de long est le minimum pour deux cobayes. Même avec une grande cage, des sorties tous les jours de deux heures en moyenne sont nécessaires.

Il faut plusieurs cachettes (des cartons ou petites cagettes en bois retournés avec une entrée aménagée peuvent être utilisés. L’emplacement est essentiel ! Il faut éviter de placer la cage trop près d’une fenêtre avec du soleil direct ou des courants d’air ! Vous pouvez objectiver la présence de courants d’air à l’aide d’une bougie allumée. Evitez la cuisine avec des vapeurs de cuissons qui peuvent créer des soucis et privilégiez une pièce où il y a de l’activité. En effet, privé de stimulation et de contact, un cochon d’inde passera plus de temps à dormir, attrapera plus facilement des maladies, et sa durée de vie sera potentiellement réduite !

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Quelle litière choisir ?
Il faut bannir les litières poussiéreuses ou très odoriférantes (par exemple à base de copeaux de pin ou de résineux, …) car cela est irritant pour les cochons d’inde qui ont le nez directement dessus. Il est généralement conseillé d’utiliser une litière à base de chanvre ou de copeaux de bois non parfumés (parfum, résineux, …). Le foin est déconseillé comme litière (non absorbant) et comme aliment. Il est important que les pattes de vos cochons d’inde ne soient pas dans l’urine car ils risquent de développer des pododermatites (érosion de la surface du talon pouvant aller jusqu’à l’os) favorisées par une alimentation déséquilibrée et des surfaces au sol dures. Une nouvelle alternative est le Dry-Bed, un tapis qui laisse passer l’urine au travers et qui permet d’avoir une surface sèche et confortable pour les cochons d’inde. Prévoir des zones moins dures pour les pattes de vos cochons d’inde, par exemple en aménageant des zones avec des serviettes épaisses ou pliées.

Est-ce que je peux introduire un nouveau cochon d’inde directement ?
Il est déjà important de comprendre que le nouveau cochon d’inde peut introduire des maladies (pneumonie, parasites, …) et qu’il est préférable de réaliser une quarantaine pour observer l’apparition de symptômes du nouvel arrivant pendant 4 à 6 semaines avant de commencer à l’introduire. Ensuite, il y a toujours le risque que deux cochons d’inde ne s’entendent pas. Il est conseillé de réaliser une mise en contact très progressive au risque de voir l’un ou les deux blessés.

Est-ce que je peux faire cohabiter mon cochon d’inde avec d’autres animaux ?
Les besoins du cochon d’inde sont différents d’autres espèces (alimentation, mode de vie diurne/nocturne, …) et ils n’ont pas le même langage que d’autres espèces. Il est donc déconseillé de faire cohabiter différentes espèces. Il est en particulier très vivement déconseillé de mettre en contact un lapin avec un cochon d’inde. Le lapin peut notamment être porteur sain de la bactérie Bordetella bronchiseptica qui est mortel pour le cochon d’inde qui lui peut transmettre la bactérie Pasteurella multocida au lapin !

D’autres aspects seront abordés en consultation et détaillés dans la « Fiche cochon d’inde » distribuée en consultation tel que :
– Faut-il mettre de la litière partout ou juste dans un coin ?
– Mon cochon d’inde peut-il apprendre à être propre dans sa cage ?
– Quel niveau d’éducation et d’interaction ?
– Ma cage est prête, mais est-elle suffisante ?
– Comment éviter que votre cochon d’inde vous fasse pipi dessus ?
– Comment introduire progressivement un nouveau cochon d’inde ?
– Mon cochon d’inde mange ses crottes, est-ce normale ?
– Puis-je nettoyer le sac périnéal de mon cochon d’inde mâle ?
– Comment dois-je couper les griffes de mon cochon d’inde ?
– Puis-je donner des bains à mon cochon d’inde ?
– Est-ce nécessaire d’enrichir le milieu ?

1.1.4 Les soins vétérinaires en prévention des maladies du cochon d’inde
Puis-je vacciner mon cochon d’inde ?
Non, il n’existe actuellement pas de vaccinations chez le cochon d’inde.

Puis-je stériliser mon cochon d’inde ?
Les mâles et les femelles peuvent être stérilisés, mais il est conseillé de stériliser les mâles pour prévenir les gestations non désirées en cas de cohabitation d’un ou plusieurs mâles avec des femelles. La stérilisation des mâles peut permettre de réduire l’agressivité inter-congénères et le marquage territorial urinaire naturel lorsqu’elle est réalisée tôt. Les mâles peuvent être stérilisés à partir de 5-6 mois.

Il est nécessaire de prendre rendez-vous pour une consultation pré-stérilisation.

Puis-je protéger mon cochon d’inde des vers internes et des parasites externes ?
Oui, il existe des produits à appliquer localement entre les omoplates ou à administre par voie orale ou à injecter.

Comment vérifier si les dents de mon cochon d’inde poussent correctement ?
Il est conseillé de réaliser une visite annuelle de santé durant laquelle un contrôle des dents vigile sera réalisé. Ce contrôle vigile ne permet de voir qu’une partie des dents de votre cobaye, mais peut déjà permettre de déceler un problème dentaire débutant avant d’en arriver à la perte d’appétit, à la salivation intense (menton mouillé), à la conjonctivite ou à l’écoulement nasal.

1.1.5 Maladies fréquentes
Puis-je donner des médicaments à mon cochon d’inde ?
Il est très fortement déconseillé de donner un médicament (même à base de plantes) à votre animal sans l’avis d’un vétérinaire. De nombreux médicaments sont toxiques pour les cochons d’inde, en particulier certains antibiotiques qui dérèglent la flore digestive et entrainent la mort par entérotoxémie. Notre équipe est disponible pour répondre à vos questions et vous conseiller dans l’attente d’une consultation.

Quand consulter un vétérinaire ?
Le plus rapidement possible en cas d’arrêt ou de diminution de la prise alimentaire, de perte de poids. Cela peut indiquer une douleur (par exemple lié à un problème de dents, ou à un calcul dans la vessie, …). Il est aussi conseillé de consulter le plus rapidement possible en cas de difficulté respiratoire (fréquence respiratoire augmentée, bruits respiratoires anormaux) ou d’écoulement nasal (les pneumonies secondaires à des courants d’air sont rapidement fatales pour les cochons d’inde). Il faut consulter rapidement en cas de changement de comportement du type baisse d’énergie et diminution des interactions avec le propriétaire, mais aussi notamment dans le cas où les incisives sont trop longues, en cas d’apparition de masse, de dépilation (possibles kystes ovariens), d’augmentation du toilettage (se gratte plus ; possibles parasites : teigne, gale, poux, … ), en cas d’atteinte des yeux, d’érosion de la peau des talons, de tête penchée, …

Vous trouverez-ci-dessous une liste des pathologies fréquentes du cochon d’inde. En cas de maladie de votre animal, une fiche d’information détaillée pourra vous être distribuée en consultation.

1.1.5.1 La malocclusion dentaire chez le cochon d’inde
Une bonne dentition est essentielle à la bonne santé de votre animal. Il est donc essentiel de suivre les conseils alimentaires donnés en consultation pour prévenir le développement de problèmes dentaires. En effet, le cochon d’inde, comme le lapin, l’octodon et le chinchilla, a une croissance continue de ses incisives, mais aussi de ses molaires (ils ont des dents aradiculaires hypsodontes à croissance continue). Il lui est donc essentiel de réaliser des mouvements circulaires de mastication qui vont user les dents. Ces mouvements sont naturellement réalisés lors de la consommation de foin. Les granulés plus attirants que le foin, n’entrainent que des mouvements verticaux qui n’usent pas assez les dents. Cependant, la malocclusion n’a pas qu’une origine alimentaire. Elle peut aussi être d’origine génétique, traumatique (choc suite à une chute ou à un combat avec un autre animal, …), liée à des carences en vitamines, …

Un contrôle annuel chez votre vétérinaire est conseillé pour vérifier l’absence de pointes ou spicules dentaires, de pont dentaire inférieur et de lésions sur les joues supérieures ou sur la langue avant que ces malformations dentaires n’entraînent des symptômes tels qu’une diminution ou une perte d’appétit, une perte de poids, des incisives trop longues limitant l’ouverture de la bouche, de l’hyper-salivation (menton mouillé), une conjonctivite, des écoulements nasaux, … Un contrôle de votre animal vigile (sans anesthésie) ne permettra cependant de ne voir qu’une partie des dents de votre cochon d’inde.

En cas de suspicion de problème dentaire, il sera nécessaire de réaliser une anesthésie pour vérifier la dentition de votre cochon d’inde en ouvrant complètement la bouche mais aussi qu’une radiographie pour vérifier ses racines dentaires. Si des anomalies sont observées lors de l’examen dentaire sous anesthésie, une correction par limage des incisives et/ou des molaires sera réalisée. Dans certains cas, des dents peuvent être retirées.

Des abcès peuvent apparaître en cas de malformation dentaire. La prise en charge consistera alors en un bilan d’imagerie (préférentiellement un scanner qui permet la délimitation de l’abcès, de limiter la récidive et de prévoir les complications ou au moins une radiographie), une probable correction des dents (car les abcès faciaux sont souvent liés à une infection dentaire) et une prise en charge chirurgicale de l’abcès (avec marsupialisation permettant de garder la cavité ouverte) et suivie de soins réguliers à la maison.

Pour prévenir l’apparition de problèmes dentaires, appliquer les conseils alimentaires de la « Fiche cochon d’inde » distribuée en consultation.

1.1.5.2 La carence en vitamine C (Scorbut)
Comme l’Homme, le cochon d’Inde ne peut pas synthétiser la vitamine C. Il doit la trouver dans sa nourriture. Une carence entraîne une diminution des déplacements avec un gonflement des articulations, et des hémorragies notamment sous-cutanées, musculaires, et intestinales. Le cobaye reste prostré, ne mange plus et dépéri.

Cette maladie mortelle courante peut être évitée avec une alimentation équilibrée avec un complément en vitamine C (granulés homogènes avec vitamine C stabilisée (voir onglet alimentation de la Fiche cochon d’inde), vitamine C liquide ou solide, verdure et fruits riches en vitamine C).

Pour prévenir l’apparition du scorbut, appliquer les conseils alimentaires de la « Fiche cochon d’inde » distribuée en consultation.

1.1.5.3 Le coup de froid, la rhinite et la pneumonie
Si votre cochon d’inde a moins d’appétit que d’habitude, est abattu et a du mal à respirer (respiration plus fréquente, et/ou audible à l’oreille), voire que du liquide sorte de son nez, il est probable qu’il ait pris un coup de froid. Le coup de froid est mortel à court terme pour le cochon d’inde. Une consultation est à prévoir le plus rapidement possible chez un vétérinaire.

Pour prévenir le coup de froid, appliquer les conseils environnementaux de la « Fiche cochon d’inde » distribuée en consultation.

1.1.5.4 La stase digestive
Si lapin ou votre cochon d’inde mange moins que d’habitude ou que ses selles sont plus petites ou moins nombreuses que d’habitude, ou qu’il semble gonflé au niveau abdominal, votre animal est probablement en train de débuter une stase digestive. La cause la plus fréquente est une douleur (par exemple pointes dentaires dans la bouche, calcul urinaire, …), ou une constipation (souvent lié à une alimentation pauvre en verdure).

La baisse d’appétit ou d’émission de selles est une urgence chez le lapin et le cochon d’inde. Au-delà de 24h sans s’alimenter, le transit se ralentit voire s’arrête et les bactéries prolifèrent. Elles émettent du gaz qui dilatent les anses digestives et créent de la douleur. Un cercle vicieux s’installe et l’animal peut mourir en moins de 48h.

Ainsi si vous observez ces signes, prenez rendez-vous pour dans la journée chez un vétérinaire. Si vous ne pouvez pas avoir de rendez-vous dans la journée chez un vétérinaire, appelez pour avoir des conseils afin de stimuler la digestion de votre animal (gavage).

Pour prévenir l’apparition de la stase digestive appliquer les conseils alimentaires de la « Fiche cochon d’inde » distribuée en consultation.

1.1.5.5 La diarrhée
La diarrhée est une importante cause de mortalité chez le cobaye. Elle est fatale si elle n’est pas traitée à temps. Les causes peuvent être les multiples : changement d’alimentation, alimentation trop faible en fibres (foin), infection, inflammation, traitement aux antibiotiques.

1.1.5.6 Le coup de chaud
La prévention du coup de chaud est essentielle en été. C’est une affection grave qui peut être fatale. Le coup de chaleur se manifeste notamment par une augmentation de la température (hyperthermie), de l’abattement, une diminution de la vigilance, une anorexie (perte d’appétit), des difficultés à se déplacer, des difficultés à respirer voire des convulsions.

Si vous pensez que votre cochon d’inde est atteint d’un coup de chaleur, appelez rapidement un vétérinaire proche pour lui amener votre cochon d’inde de toute urgence.

Pour prévenir l’apparition de coup de chaleur, n’hésitez pas à demande la fiche « Prévention et gestion du coup du chaleur » en consultation.

1.1.5.7 La toxémie de gestation
Cette maladie touche les femelles durant les deux dernières semaines de la gestation jusqu’à la première semaine après la mise bas. Il y a production de corps cétoniques toxiques
par consommation des graisses lorsque le glucose n’est plus présent en quantité suffisante dans le sang (hypoglycémie). Cela touche plus fréquemment les femelles ayant un poids trop faible ou trop important. La mort survient en quelques heures et le traitement est rarement concluant.

1.1.5.8 La pododermatite
La pododermatite est une ulcération des talons qui peut se surinfecter et aller jusqu’à l’os sous-jacent. Elle peut être provoquée par une hygiène de la cage insuffisante, une litière pas assez absorbante, un sol trop dur, une carence en vitamine C, … Le traitement peut durer plusieurs mois. Dans les cas très avancés d’atteinte osseuse et de nécrose, la maladie est incurable.

Pour prévenir l’apparition de pododermatite, appliquer les conseils alimentaires et d’environnement de la « Fiche cochon d’inde » distribuée en consultation.

1.1.5.9 Les cystites et urolithiases
La cystite (inflammation de la vessie) entraine des mictions (émissions d’urine) plus fréquentes avec de la douleur et teintées (plus foncées ou rosées). Elle est souvent due à une surconcentration en minéraux, qui forment des cristaux irritants. Cela peut se compliquer en la formation de calculs (petites pierres) dans les reins, les urètres ou la vessie et peut se surinfecter. En cas de calcul, souvent diagnostiqué radiographiquement, la chirurgie est la seule option possible pour retirer le calcul.

Pour prévenir l’apparition de calculs urinaires, appliquer les conseils alimentaires de la « Fiche cochon d’inde » distribuée en consultation.

1.1.5.10 Les tumeurs mammaires
Les tumeurs mammaires sont des masses touchant l’une ou les deux mamelles du cochon d’inde mâle ou femelle situées entre les deux cuisses. Il est conseillé de les retirer le plus rapidement possible pour éviter l’apparition de métastases en cas de tumeur agressive (cancer). Une analyse de l’organisation de la masse (histologie) sera nécessaire pour savoir si la masse a été enlevée totalement (marges saines) ou non et si la masse était maligne (cancer) ou bénigne. Un bilan d’extension peut être réalisé avant la chirurgie. Il permet de chercher si des métastases sont déjà visibles. Le meilleur bilan d’extension est le scanner qui permet un bilan d’extension complet (abdomen, thorax, …) et précis. Une radiographie thoracique peut aussi être réalisée mais elle sera moins sensible et complète qu’un scanner.

1.1.5.11 Les kystes sébacés
Il s’agit de la tuméfaction d’une glande sébacée (sécrétant le sébum) qui crée une boule sous la peau. Ces boules sont le plus souvent sur le dos ou les hanches du cobaye. Elles ne sont généralement pas graves, mais si elles grossissent trop ou créent de la douleur il faut les enlever chirurgicalement pour éviter une infection. Toutes les masses cutanées peuvent aussi être des tumeurs et il est conseillé de montrer rapidement toute masse détectée à un vétérinaire.

1.1.5.12 Les kystes ovariens
En cas de chute de poils, symétrique de part et d’autre des flancs, il est très probable que votre cochon d’inde ait des kystes ovariens. Dans ce cas, une prise en charge chirurgicale de
type ovariectomie (retrait des ovaires) sous anesthésie générale est conseillée pour éviter des complications métaboliques.

1.1.5.13 L’alopécie ou chute de poils
De nombreuses causes existent : hormonale (kyste ovarien, gestation), parasitaire (teigne, gale, poux, …), saisonnier (mues du printemps et de l’automne), … Une consultation sera nécessaire pour déterminer l’origine de la chute des poils et mettre en place un éventuel traitement.

1.1.5.14 La tête penchée
Il est fréquent que les cochons d’inde développent une otite qui entraine une tête penchée voire des pertes d’équilibre suite à une pneumonie. Il est important de rapidement traiter l’otite voire la pneumonie si elle n’a pas été prise en charge. Le traitement est long, les rechutes fréquentes et le pronostic souvent réservé.

1.1.5.15 Maladies oculaires
Il est fréquent de rencontrer des conjonctivites (inflammation de la membrane entourant l’oeil), des kératites (inflammations de la cornée avec aspect vitreux blanc), des cataractes (opacification du cristallin), … Dans tous les cas d’atteinte oculaire, une consultation sera nécessaire pour déterminer le type d’atteinte et le traitement éventuel adapté.


Le vétérinaire en charge du service de Médecine et Chirurgie des NAC à Lorrainevet

Dr LICHTI Carole

Diplômée ENVA 2015 Formations-stages au CHUV de Montréal à St Hyacinthe et à l’université de Californie à Davis

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