Médecine Interne

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Pourquoi une consultation en Médecine interne ?

Dans le monde vétérinaire, la médecine interne intervient après l’action des vétérinaires généralistes. Face à plusieurs symptômes que le vétérinaire ne relie pas forcément entre eux ou devant une pathologie rare, la médecine interne va rechercher des liens entre ces symptômes en étudiant les relations physiologiques entre les organes et non pas avec une approche organe par organe.

 

Une vision globale de l’organisme malade,

Le diagnostic de maladies rares…

 Pour cela, le vétérinaire utilise les examens complémentaires mis à sa disposition et doit faire preuve d’un esprit de synthèse ainsi que d’une bonne connaissance des pathologies. Plus son expérience est étoffée par les cas auxquels il a déjà été confronté, meilleure sera alors sa prise en charge.


David_Milcent

Le vétérinaire en charge du service de Médecine Interne à Lorrainevet

Dr MILCENT David

Titulaire du CEAV de Médecine Interne des Carnivores Domestiques
Ancien chargé de consultations d’Alfort – Ancien responsable du service des Urgences de l’ENVA
Ancien vacataire d’enseignement de Médecine et d’Imagerie d’Alfort
Ancien interne de Médecine d’Alfort

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La médecine féline

méd féline

Considéré comme plus autonome et plus « adaptable » à la vie citadine que le chien, le chat est aujourd’hui l’animal de compagnie préféré des Français : en 2008, on dénombrait en France 10,7 millions de chats contre 7,8 millions de chiens.
Indépendant, délicat, exigeant, indomptable, énigmatique… nombreux sont les qualificatifs de cet animal parfois si difficile à comprendre.

 

« Pourquoi mord-il alors qu’il semblait demander des caresses ? »

Ou encore « pourquoi cette baisse d’appétit ? »

Et surtout « pourquoi se met-il à uriner sur le lit ? »

 

Ces questions, motifs fréquents de consultation, sont un vrai casse-tête pour le propriétaire.

A tort, les chats ont longtemps été soignés comme de petits chiens. Ces animaux carnivores stricts et plutôt solitaires n’ont en fait que très peu de points en communs avec les canidés omnivores et grégaires.

 

La médecine féline a donc pour but de mieux comprendre les félidés et d’améliorer la qualité de leurs soins en prenant en compte leurs particularités.

Cette discipline a de beaux jours devant elle, le chat gardant encore sa part de mystère…

 

A titre d’exemple, voici un inventaire succinct de quelques maladies félines :

Maladies Virales

Les chats sont sujets à de nombreuses maladies virales. Il existe heureusement un vaccin pour les plus graves.

⁃ Le Coryza
Le coryza est un syndrome résultant de l’association de plusieurs virus qui se manifeste par une rhinite souvent associée à une atteinte oculaire (conjonctivite ou kératite). C’est une maladie très contagieuse qui peut persister toute la vie de l’animal une fois contractée. La vaccination est recommandée à partir de 2 mois.

⁃ Le Typhus
Le Typhus ou Panleucopénie est une affection causant une forte fièvre, une dépression immunitaire et une gastro-entérite. C’est une maladie mortelle le plus souvent. Très résistant dans l’environnement (plus de 6 mois), le virus peut être « transporté » de lieu en lieu (par l’intermédiaire de vos chaussures par exemple). Il est donc important de vacciner les chats, même s’ils ne sortent pas (dès 2 mois).

⁃ Les sidas du chat
Le sida existe chez le chat. Comme chez l’humain il est responsable d’immunodéficience. Ce syndrome provient de deux virus distincts : la leucose féline et le FIV.
Le FIV se transmet par morsure essentiellement et par voie génitale. Il n’existe pas de vaccination à l’heure actuelle, mais l’espérance de vie est très bonne (jusqu’à 15 ans). La seule prévention possible est de stériliser le chat.

La leucose féline (FeLV), en plus de l’immunodépression, peut générer des cancers (leucémies et lymphomes). Elle se transmet facilement par contact avec d’autres chats et par l’intermédiaire de leurs sécrétions. Un vaccin existe et est recommandé pour tous les chats qui sortent ou qui sont amenés à être en contact avec d’autres congénères (à partir de 10 semaines).

Cystites

La cystite est un problème très fréquent chez le chat. Elle se manifeste par une malpropreté, de la difficulté à uriner et par la présence de sang dans les urines. Elle peut être consécutive à des calculs vésicaux ou des cristaux urinaires, ou à une infection (rare) mais résulte le plus plus souvent du stress, on l’appelle alors cystite idiopathique.

Beaucoup de choses anodines pour nous peuvent être à l’origine d’un important stress chez le chat, surtout s’il vit en intérieur. Étant des animaux territoriaux, ils sont facilement perturbés par le moindre changement dans leur environnement. Par exemple le fait de bouger un meuble, l’introduction d’un nouvel animal, d’une nouvelle personne à la maison ou un changement de marque de litière peuvent les perturber fortement. Trouver la cause du stress est parfois très difficile.

Pour le limiter, il est important d’inciter le chat à jouer quotidiennement, d’avoir un environnement le plus riche possible en divertissements (ex. : arbre à chat) ainsi qu’une alimentation en libre-service ou en petits repas multiples.

Maladies endocriniennes

Les principales maladies endocriniennes du chat sont le diabète et l’hyperthyroïdie.

Le diabète se manifeste principalement par une forte augmentation de la soif et de l’appétit. C’est le plus souvent un diabète acquis, c’est-à-dire que le chat ne naît pas diabétique. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de la maladie, mais le principal est l’obésité. Il faut donc être très vigilant sur la qualité et la quantité de nourriture et savoir la restreindre ou la changer lorsque le chat montre une tendance au surpoids.

L’hyperthyroïdie est une maladie du chat âgé. Les symptômes les plus fréquents sont une perte de poids malgré un appétit vorace et un changement de comportement (le chat semble retrouver sa jeunesse ou devient agressif). Il n’y a pas de moyen de prévention. La maladie se détecte souvent par l’observation de l’amaigrissement. Le poids doit donc être contrôlé régulièrement. D’ailleurs, il est systématiquement enregistré dans son dossier médical à chaque consultation.

Insuffisance renal chronique

L’insuffisance rénale chronique est, avec l’hyperthyroïdie, LA maladie du chat âgé. Durant toute sa vie, le rein subit des « agressions », et des lésions irréversibles se cumulent. Quand 75% environ du rein est abîmé, il ne peut plus fonctionner correctement. Les déchets de l’organisme ne sont donc plus correctement filtrés et s’accumulent.

Les symptômes de la maladie sont un amaigrissement, de la déshydratation, un poil un peu terne, des vomissements fréquents, une augmentation de la prise de boisson voire des ulcères dans la bouche.

Là encore, c’est la mise en évidence de l’amaigrissement qui permet de suspecter la maladie. La meilleure prévention est une alimentation de bonne qualité, avec des protéines de haute valeur biologique, adaptée en quantité et qui correspond à son stade physiologique (alimentation senior à partir de 8 à 10 ans).

Lymphome digestif

Le lymphome est un cancer de certaines cellules immunitaires (globules blancs) : les lymphocytes. C’est le cancer le plus fréquent du chat. Il peut être également secondaire à une infection par le FeLV.

Le lymphome peut se développer dans quasiment tous les organes du corps, car les lymphocytes sont des cellules mobiles. Ils naissent dans la moelle osseuse, sont souvent stockés dans les ganglions et circulent en permanence dans le corps pour défendre l’organisme.

Tout comme la localisation du lymphome, les symptômes sont variés. Il peut provoquer des paralysies s’il est localisé dans la moelle épinière, des insuffisances hépatiques s’il est localisé dans le foie, etc.

Parfois, quand il se localise dans les ganglions du tube digestif, il peut être asymptomatique. C’est lors de la palpation abdominale que va être repérée l’adénomégalie (augmentation de la taille des ganglions). La meilleure prévention reste la vaccination contre la leucose.

Thrombose aortique

Une thrombose aortique est un caillot de sang qui obstrue l’aorte et empêche le sang de circuler au niveau d’une ou de deux pattes arrières. C’est une affection extrêmement douloureuse qui provoque une paralysie du membre touché.

Une maladie cardiaque est à l’origine du caillot. N’entraînant aucun symptôme particulier, elle est très difficile à dépister chez le chat (contrairement au chien, le chat cardiaque ne tousse pas). Seule l’auscultation d’un souffle ou d’une anomalie du rythme cardiaque peuvent inciter à la rechercher.

Maladies génétiques

Certaines races de chats sont porteuses d’anomalies génétiques qu’il est important de pouvoir dépister à l’adoption et si l’on souhaite faire reproduire son animal.

⁃ La polykystose rénale
Comme son nom l’indique, la polykystose rénale se manifeste par le développement de kystes dans le cortex du rein. Elle apparaît entre 2 et 10 ans. Cette maladie touche le Persan, l’Exotic Shorthair et moins fréquemment le British Shorthair et le Maine Coon.

⁃ La cardiomyopathie hypertrophique
La cardiomyopathie hypertrophique est une maladie familiale du Maine Coon et du Ragdoll. Elle entraîne un épaississement du muscle du cœur et conduit progressivement à l’insuffisance cardiaque et son cortège de symptômes. Elle peut apparaître dès 4 mois.

Les quelques affections présentées illustrent l’importance d’un suivi médical régulier du chat. Contrairement au chien qui a tendance à montrer au maître son mal-être, le chat garde ses maux pour lui. Quand il se montre souffrant, la maladie est souvent déjà bien avancée.
Le rappel vaccinal annuel est avant tout l’occasion d’effectuer un bilan de santé et un examen médical approfondi permettant de dépister d’éventuelles maladies.
Le propriétaire doit de son côté fournir au chat un environnement stimulant et une nourriture de qualité en quantité adaptée.